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Lijiang (Lìjiāng 丽江) (Lìjiāng 丽江), patrimoine mondiale de l'UNESCO, Yunnan (Yúnnán 云南)
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Quelle ne fut pas notre surprise en revenant à Lijiang (Lìjiāng 丽江) après 19 ans. Disparu le village authentique, disparu ses ruelles désertes où les vieilles femmes Naxi vendaient les produits de leur jardin maraîcher, disparue la prairie qui dominait le village et où nous nous étions reposés à l’ombre d’arbres magnifiques tout en contemplant la vue sur la cité, disparu, disparu,… tant de choses qui faisaient de Lijiang (Lìjiāng 丽江) une destination incontournable pour tous les routards qui visitaient le sud-ouest de la Chine et le Yunnan (Yúnnán 云南).

L’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO rime visiblement avec bonnes affaires en Chine. Lijiang (Lìjiāng 丽江) n’est donc plus qu’un immense centre commercial pour touristes que l’aéroport international déverse en flux continu. Lijiang (Lìjiāng 丽江) est à découvrir le matin de très bonne heure. Passé 11h00, il est trop tard.

Quant à la nuit, certaines rues en sont même devenues pitoyables : bars et autres discothèques attirent la jeunesse branchée, tandis que les rabatteurs vous promettent des spectacles authentiques… qui ne sont en fait que des danses sur des musiques enregistrées, distillées par de mauvaises sonos, hurlantes voire stridentes, dans une atmosphère enfumée, avec des jeux de lumière de night club, le tout bien entendu, joués par des danseurs usés de jouer le même spectacle tous les soirs devant un public inattentif, et n’attendant que la fin de la représentation pour toucher leur salaire… Là encore, il est bien loin notre groupe de musique Naxi que nous avions rencontré et qui recommençait à peine à jouer, après des années de peur et de censure (ils avaient dû cacher leurs instruments de musique durant la révolution culturelle).

Après tout ce que je viens d’écrire, comment avoir envie de venir visiter Lijiang (Lìjiāng 丽江) ?

En fait, il est vraiment nécessaire de mettre mes commentaires en perspective du changement et de nos souvenirs passés. Lijiang (Lìjiāng 丽江) reste malgré tout un village intéressant à découvrir, notamment, comme je l’ai déjà mentionné, le matin, à la fraîche, avant l’arrivée des cars de touristes.

Autre truc pour éviter la foule, mangez à des horaires décalées et visitez les hauteurs du village en début d’après-midi, les touristes n’y montant qu’après avoir arpenté le bas. Prendre un verre en terrasse et se relaxer en admirant la vue sur la vielle ville est un excellent moyen pour apprécier Lijiang (Lìjiāng 丽江).

Un autre intérêt de Lijiang (Lìjiāng 丽江) tient également dans le trajet pour s’y rendre et s’en aller. Les routes Dali (Dàlǐ 大理) / Lijiang (Lìjiāng 丽江), et Lijiang (Lìjiāng 丽江) / Shangri-La (Xiānggélǐlā 香格里拉) méritent absolument le fait de louer un véhicule avec chauffeur pour pouvoir s’arrêter à tout moment pour admirer le paysage et prendre des photos.

Passons maintenant à un contenu plus culturel !

Lijiang (Lìjiāng 丽江), située à 2400 m d’altitude, au pied de la Montagne Enneigée du Dragon de Jade (Yu Long Xue Shan, 5596m, Yù Lóng Xuě Shān 玉龙雪山), est constituée de la vieille ville d’une part, et de la ville moderne d’autre part où poussent des immeubles modernes comme à peu près partout en Chine. Seule la vieille ville présente bien entendu un intérêt.

Fondée au début du XIIème siècle sous la dynastie des Song du Sud (Sòng 宋), et agrandie sous les Mongols, la vieille ville est surnommée le « gros encrier » (Da Yan, Dà Yàn 大砚). En effet, à la manière d’un encrier qui se renverse, le vieux Lijiang (Lìjiāng 丽江) est parcouru de nombreux canaux qui se faufilent vers le sud.

C’est un ensemble gracieux où venelles pavées d’ardoises, ponts en pierre et ruisselets s’enchevêtrent et s’enjambent. En bois rouge ou en brique crue, reposant sur un soubassement de pierre, les maisons sont dotées de grands volets en bois permettant de fermer le rez-de-chaussée, occupé par une boutique. A l’étage, les habitations privées se cachent derrière des claustras en bois qui laissent passer l’air.

Dans le dédalle des roues, on peut encore rencontrer des vieilles femmes de la minorité Naxi (Nàxī 纳西), vêtues de leur cape à 7 étoiles.

La symbolique des vêtements Naxi (nàxī纳西)
Les hommes portent des tuniques semblables à celles des Chinois Han, sur lesquelles ils passent une veste à boutons de style mandarin. Les femmes portent également une tunique, mais plus spécifique : il s’agit d’une robe longue et sans doublure par-dessus laquelle elles portent une cape brodée colorée. Cette robe traditionnelle est légèrement plus longue dans le dos, atteignant le mollet, alors qu’elle s’arrête au niveau du genou de l’autre côté. Elle est en général bleue, blanche ou noire, et ornée de dentelles au niveau du col et des manches. Sous leur robe, les femmes Naxi portent un pantalon, et aux pieds les traditionnelles chaussures en forme de bateaux. La cape qu’elles portent sur le dos est l’élément le plus caractéristique du costume des femmes Naxi. Faite en peau de mouton, elle est ornée de sept motifs circulaires représentant les étoiles de la Grande Ourse. Le noir et le blanc sont ses couleurs principales, le blanc symbolisant le ciel et le noir la terre. L’ensemble de ces symboles - le ciel, la terre et les étoiles - évoquent l’application au travail des femmes Naxi.

Le peuple Naxi (Nàxī 纳西) est issu de l’ancienne tribu Qiang (Qiāng羌) , peuple de pasteurs nomades des confins du Tibet (XīZàng, 西藏), qui habitait les vallées du Fleuve jaune (Huáng Hé黄河) et du Huangshui (Huáng Shuǐ 黄水). Selon diverses sources chinoises, durant la dynastie impériale des Qín (221-206 av. J.-C.), les premiers Naxi ont dû fuir devant les troupes de Qin Shi Huang (Qín Shǐ Huáng 秦始皇), et au terme d’une migration nomade constante, se sont finalement installés dans les régions occidentales de la Chine du Sud.

Aujourd’hui, environ 300 000 Naxi vivent dans une zone très montagneuse à la jonction des provinces du Yunnan (Yúnnán 云南), du Sichuan (Sì Chuān 四川) et du Tibet (XīZàng, 西藏).

La langue Naxi appartient à la famille des langues sino-tibétaines, bien que ses structures grammaticales la rapprochent aussi du tibéto-birman. Elle se subdivise en deux dialectes, le dialecte oriental et le dialecte occidental. Les Naxi ont adopté les caractères chinois comme système de transcription de leur langue sous la dynastie des Míng (1368-1644), mais d’autres systèmes de transcriptions, plus anciens, ont perduré et sont toujours utilisés : des sortes de pictogrammes appelés les dongba (dōngbā 东巴), ainsi que les geba, des éléments syllabiques dont les Naxi se servaient pour transcrire les mantras et annoter les dongba.

Les Naxi du nord sont connus pour avoir une société matriarcale. Les femmes vivent avec leurs frères, et n'ont pas de maris stables. Les hommes rendent visite aux femmes chez elles, la nuit, et les relations sont libres. Les enfants ne connaissent donc que rarement leurs pères, ce qui fait de leur système familial un système matrilinéaire. Pour les Naxi, les caractères héréditaires sont contenus dans les os, et sont transmis par les femmes.

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