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Ou l'art de devenir ZEN ...
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Notre voyage au Tibet (Xizang), XīZàng, 西藏
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Voici le récit de notre "aventure tibétaine" qui nous a conduit de Lhasa au Camp de Base de l'Everest, avec plusieurs cols à plus de 5200 m d'altitude au début de l'hiver. Un avantage : pas de touristes! Et pas de Yéti non plus, contrairement aux dires du célèbre héros belge...

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Samedi 07 Novembre 2009 :
Une journée de voyage pour se rendre au Tibet ! En effet, il n’y a pas de vol direct depuis Shànghǎi pour Lhasa (Lāsà). Il nous faudra donc 2h30 pour atteindre notre escale forcée à Chongqing (Chóngqìng) puis la même durée pour rejoindre enfin Lhasa (Lāsà).
Si la première partie du trajet ne présente aucun intérêt particulier, le deuxième vol nous permettra de survoler la chaîne de l’Himalaya pendant près de 2 heures. Un avant-goût majestueux de ce qui nous attendra pendant ces vacances… !!

Arrivés à Lhasa (Lāsà), nous attendons avec un peu d’inquiétude l’ouverture de la porte de l’avion et l’effet de l’altitude sur nos organismes ! Essoufflement immédiat garanti dès l’arrivée dans l’aérogare… Premiers contacts chaleureux avec notre guide et notre chauffeur, tous deux tibétains : un foulard blanc nous est passé autour du cou en signe de bienvenue et pour nous porter chance… Est-ce pour nous protéger du mal des montagnes… ??? La suite nous montrera en tout cas que tout le monde ne résistera pas de la même manière…

Une heure de voiture (un gros 4x4 Toyota) nous sera nécessaire pour rejoindre notre hôtel à Lhasa (Lāsà). Confort sommaire, mais chambres propres. Fourbus par le long voyage, nous sautons le dîner et nous préparons pour notre première nuit à 3800 m d’altitude. 2 cachets de Doliprane en préventif pour les adultes et séparations des parents entre les 2 chambres pour pouvoir surveiller les réactions des filles durant la nuit…

Dimanche 08 Novembre 2009 :
La nuit fut pour le moins courte et pas vraiment reposante. Le manque d’oxygène force le cœur à battre plus rapidement et entraîne un état d’excitation peu propice au repos réparateur. De plus, un mal de tête sournois guette toute la famille (douleur plus ou moins intense qui va et vient). Le Doliprane va devenir notre meilleur ami… Pauline ne se sent vraiment pas bien.

Mais l’altitude n’a pas d’effets que sur les organismes. J’ai ainsi eu la désagréable surprise de voir la moitie de mon émulsion après rasage gicler dès l’ouverture du bouchon ! Une fois encore, la physique aura raison : l’émulsion était habituellement utilisée au niveau de la mer. 3800 m plus haut, la différence de pression est telle que le produit ne pouvait qu’être éjecté … et voir l’équivalent du prix de la chambre partir dans l’évier !

Premier petit déjeuner à Lhasa (Lāsà) : La salle de restaurant n’est pas chauffée. Dehors, il fait -4°c. De grandes tentures pendues aux 2 portes d’entrée coupent les courants d’air… mais pas le froid qui a déjà pénétré les bâtiments. Il doit faire 4 à 5°c à l’intérieur et nous mangeons emmitouflés comme si nous pique-niquions sur des pistes de ski… Ici, pas de boissons froides pour éviter tout indigestion. Nous aurons ainsi la « joie » de goûter du jus d’orange chaud (à déconseiller !). Premier repas tibétain …  typiquement typique puisque frites et autres omelettes nous seront servis… ! Et pourtant Pauline ne mangera rien, indisposée par l’altitude.

Un peu inquiet par la santé de Pauline, nous attaquons notre première journée à Lhasa (Lāsà). Le soleil s’est levé et un ciel d’azur surplombe la ville. En 5 minutes, nous arrivons au pied du Palais du Potala, le monument le plus emblématique du Tibet. The dream comes true !

Notre seul regret au Potala : la contrainte de temps (une heure maximum pour visiter les parties les plus intéressantes) imposée par les autorités locales. Si cette limite est frappée au coin du bon sens en période estivale, elle devient totalement inutile au mois de Novembre où il n’y a quasiment plus de touristes.

En sortant du Potala, il est près de midi et la température avoisine déjà les 18°c. Notre guide nous propose un restaurant qui surplombe le marché de la rue Bakhor et le temple Jokhang. Derrière les grandes baies vitrées, nous profitons d’une douce chaleur et quittons un à un goretex, bonnets, pulls et autres polaires. Nous profitons de cet emplacement stratégique pour observer la rue, son activité marchande intense, ses passants et ses nombreux pèlerins. Et déjà, la magie opère. Tout ce que nous avions pu voir dans les documentaires sur le Tibet se livre sous nos yeux, 10 m plus bas, et 200 ans en arrière ! Et pourtant, tout ce spectacle n’est rien à côté de ce qui nous attendra en début d’après-midi…

Au court du repas, nous nous rendrons compte que plusieurs policiers chinois anti-émeutes, armés (ce qui est très rares en Chine), casqués et protégés par un bouclier, se tiennent sur les toits des bâtiments de l’autre côté de la rue. Leur présence est ostensible et semble indiquer que l’ordre public est toujours précaire à Lhasa (Lāsà). Je ne me suis pas risqué à les prendre en photos...

Donc sous bonne escorte, une fois le déjeuner terminé, nous partons visiter le temple Jokhang, premier temple bouddhiste au Tibet ainsi que le centre spirituel de Lhasa. Mais avant d'atteindre la porte d'entrée principale, une surprise de taille nous attend sur le parvis : des centaines de pèlerins ont investi la place pour se prosterner devant le temple tandis que les autres, formant une file ininterrompue, tournent dans le sens des aiguilles d'une montre autour du même temple (rue Bakhor).

Des nourrissons emmitouflés aux vieillards, des nomades ayant fui les vigueurs du froid glaciale des sommets aux paysans ayant terminé les travaux aux champs avant l'hivernage, des mendiants aux riches paysans arborant de superbes manteaux en laine de moutons, des biens portants aux estropiés de tout genre, des simples laïques profondément religieux aux moines, des habitants des environs de Lhasa aux ethnies les plus éloignées, il semblerait que tout le Tibet s'est donné rendez-vous pour demander grâce avant les premières attaques de l'hiver.

Mais le plus impressionnant tient dans le silence que seuls les pèlerins viennent troubler en raclant le sol de leur palettes fixées aux extrémités de leurs mains au moment de s'allonger sur un étroit matelas, les jambes ficelées et les pieds déchaussés, tout en récitant des mantras. Voir ces centaines de personnes se prosternaient pendant, pour certains, toute une journée, pour d'autres, plusieurs jours voire plus semaines, est tout simplement saisissant. L'indifférence, toute bouddhique, qu'ils nous accordent, renforce également le sentiment d'être simplement des visiteurs d'un autre monde et d'un autre temps. Que Shànghǎi est loin!

Notre guide nous dira que certains pèlerins viennent à pied en s'allongeant ainsi à chaque avancée et ce sur plusieurs centaines de kilomètres. Nous ne le croyons pas vraiment jusqu'à ce que nous quittions Lhasa et constations par nous-mêmes qu'effectivement cette pratique est toujours d'usage...

Réussissant à se frayer un chemin, nous atteignons l'entrée du Temple Jokhang. Les salles intérieures y sont superbes et les rayons du soleil qui se glissent à travers quelques discrètes ouvertures illuminent la fumée d'encens mêlée aux bougies de beurre de Yack. Malheureusement, prendre des photos est ici interdit et j'enrage de louper de telles opportunités... Sur le toit, nous pourrons à nouveau admirer le palais du Potala situé non loin ainsi que le spectacle de la rue de Bakhor.

Pour terminer l'après-midi, nous nous rendrons au palais d'été des Daïla-Lamas appelé Norbulingka et qui fait partie du même ensemble que le palais du Potala, enregistré au patrimoine mondial de l'UNESCO, tout comme, d'ailleurs, le temple Jokhang.

Lundi 09 Novembre 2009 :
Au réveil, Pauline est toujours aussi mal-en-point et n'appréciera pas plus son petit-déjeuner que la veille (il n'y a guère que l'évier qui se régale...). L'inquiétude gagne les parents tandis que le guide essaye de nous rassurer. Les maux de tête et les indigestions sont fréquents pour les personnes non encore acclimatées à l'altitude. Espérons que cela ne vas pas durer et que personne ne prendra le relais ... Pas si sûr!!!...

Quant à moi, je m'aperçois que le simple fait de répondre au téléphone m'essouffle. Bref, tout est réuni pour attaquer la montée au temple de Drepung le plus grand de tous les monastères tibétains! Et il fallait bien les nourrir ces 15 000 moines que connut le lieu à son apogée!

Une visite de la cuisine, toujours en activité, s'impose donc. Celle-ci est installée dans un bâtiment juxtaposant la salle de la grande assemblée, certainement pour faciliter le transport de la nourriture des moines qui, le temps d'une pose, mangent et boivent encore dans le lieu même dédié aux récitations et chants religieux. La pièce, aux murs noircis par la suie qui s'y déposent siècle après siècle, est architecturée autour du foyer central dominé par un puit de lumière. Les flammes viennent lécher d'immenses gamelles pouvant chacune contenir le repas d'environ 2 500 moines. Les rayons du soleil, filtrés par la fumée omniprésente, donnent une ambiance bleutée à l'ensemble.

Sur une étagère, sont rangées les fameuses barattes tibétaines servant à transformer la crème en beurre utilisé ensuite dans la composition non moins fameuse du thé au beurre de yack (les ingrédients : sel, thé, lait et beurre de yack).

Une fois la visite du temple terminée, nous redescendons à Lhasa nous restaurer (enfin, presque tout le monde, puisque Pauline n'a toujours pas retrouvé l'appétît), puis direction le Temple de Sera (Sè Lā Sì 色拉寺).

Nous y sommes très chanceux puisque nous allons pouvoir assister à la prière dans la salle de la grande assemblée qui n'a lieu que les jours sacrés.

Que sont donc ces fameux jours sacrés dans le Bouddhisme Tibétain?
iCalés sur le calendrier lunaire, on en compte 4 par mois:


Bouddha de la médecine

  • Le huitième jour de la lune montante, sacré pour le Bouddha de la médecine (Bhaişajyaguru 藥師佛)


Bouddha de la lumière infinie

  • Le quinzième jour (pleine lune), sacré pour le Bouddha de la lumière infinie (Amitabha 阿弥陀佛)


Une déesse Tibétaine

  • Le huitième jour de la lune descendante, ou le vingt-cinquième jour du mois lunaire, sacré pour les déesses Tibétaines (Dakinis 空行女)


Bouddha Shākyamuni

  • Le quinzième jour de la lune descendante (lune noire), sacré pour le Bouddha Shākyamuni (le Bouddha, pour nous).

L'avant-dernier jour du mois lunaire, connu comme le 29 du calendrier tibétain, est également sacré pour les dharmas protecteurs (dharmapalas).

Retour dans la salle de la grande assemblée où peut-être 300 à 400 moines récitent ou chantent, selon les moments, les textes sacrés. Lors de la première pause, du thé au beurre de yack est distribué. Puis, lors de la suivante, une louchée de riz compact est servi dans la gamelle de chaque moine en guise de repas. Lors de la dernière pause, de riches laïques, vêtus pour l'occasion de la tunique monacale rouge, distribuent des offrandes (visiblement de l'argent) à chacun. Les odeurs d'encens mélées à celles des lampes à beurre de yack, la couleur des lieux où le rouge domine dans une lumière tamisée, l'atmosphère douce et paisible, les voix graves et profondes, l'intemporalité des moines vêtus de leur tunique de laine...Oui, nous sommes bien au Tibet et ce que nous vivons va bien au-delà de nos espoirs. Il faut presque se pincer pour bien vérifier que nous ne sommes pas en train d'assister à une conférence Connaissance du Monde...!!!

Et nous ne sommes pas au bout de nos surprises! Une fois la prière terminée, les moines se rendent dans une cour juxtaposant la salle de la grande assemblée pour des débats philosophiques permettant de tester la connaissance des textes sacrés et leur compréhension.

Ainsi, un moine expérimenté interroge un groupe de 4 à 8 moines assis parterre. Si la réponse est bonne, il frappera ses mains paume contre paume. Si la réponse est négative, il frappera le dessus de la main droite sur la paume de la main gauche.

Après avoir passé près d'une heure à admirer le spectacle, nous rentrons à Lhasa où seuls Marie et François seront capables de dîner...

Mardi 10 Novembre 2009 :

Pauline ne se sent toujours pas bien... Nous devons quitter Lhasa et descendre un peu en altitude (3500 m). D'après notre guide, cela suffit à beaucoup de gens malades pour retrouver des couleurs. Et c'est effectivement ce qui va arriver! Bonne nouvelle!

Nous partons donc en direction de Tsetang (Zédāng 泽当) où nous passerons la nuit. En cours de route, nous devons visiter le monastère de Samye, mais nous ne savons pas si nous aurons la permission d'y aller directement ou si devons d'abord passer à Testang pour obtenir les autorisations avant de retourner en direction en monastère. Car effectivement, au Tibet, les étrangers doivent demander des sortes de Visa pour chaque district. Notre guide va donc négocier par téléphone cette faveur, qui va finalement nous être accordée! Non seulement, nous réduirons les distances, mais en plus, nous allons pouvoir longer le Brahmapoutre par la rive Nord en empruntant une piste sablonneuse magnifique plutôt que la route bitumée.

Quelle ne fut pas notre surprise de voir des dunes de sable en plein Tibet! L'explication en est simple : l'immense vallée formée par le Brahmapoutre draine les vents depuis l'Inde et ensable les rives du fleuve. Le gouvernement central finance d'ailleurs des plantations pour contenir l'avancée des dunes. Nous croiserons un peu partout des troupeaux de moutons en semi-liberté et qui parcourent de longues distances pour trouver un peu de verdure à manger.

Nous arrivons peu après 11h00 du matin au monastère de Samye, le temple bouddhiste le plus ancien du Tibet.

Tous les monastères du Tibet sont gratuits pour les fidèles qui vont y prier, mais la plupart impose des frais d’entrée aux touristes. Les fidèles laïcs vont au temple demander la bénédiction du Bouddha. Ils ajoutent aussi du beurre dans les lampes qui brûlent nuit et jour devant les statues. Les pèlerins éloignés achètent habituellement un sac de beurre solide (souvent en provenance du Népal) pour mettre dans les lampes tandis que les croyants des environs apportent une bouteille de beurre fondu. Les aumônes aux monastères et temples constituent une part importante de la visite. Peu importe combien l’on donne, si l’offrande est pieuse. Et si l’on donne un gros billet, les lamas rendront la monnaie, ce qui n’est aucunement offensant.

Nous décidons de manger (végétarien!) au restaurant du monastère. La nourriture y est excellente pour une somme absolument dérisoire... Fin prêt, nous reprenons la piste pour rejoindre 2 heures plus tard Tsetang (Zédāng 泽当) et sa forteresse Yumbulagang (Yōng Bù Kāng 雍布拉), la plus ancienne du Tibet.

Mercredi 11 Novembre 2009 :

Tout le monde est en pleine forme... et c'est plutôt une bonne nouvelle car nous allons passer aujourd'hui 2 cols à plus de 5100m d'altitude...!

Nous allons tout d'abord longer la rive sud du Brahmapoutre. Avant d'attaquer la longue ascension du premier col, nous arrêtons sur le bord du fleuve, à en endroit complètement anodin. Et pourtant, nous découvrons en discutant avec notre guide que c'est le lieu où les bébés morts (moins de 3 ans) sont découpés en morceaux et jetés dans les eaux. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les tibétains ne mangent pas de poissons...

Enfin notre premier col à 5100 mètres! Nous ne sommes pas peu fiers! Si Marie ne sent pas forcément au mieux de se forme, globalement, tout le monde résiste bien. Et la vue du col sur la vallée du Brahmapoutre d'un côté et de l'autre sur le lac Yamdrok-Tso est tellement magnifique! Même le vent ne nous fait pas reculer et nous savourons vraiment ce moment.

Groggi par le vent, nous regagnons le 4x4 pour descendre et rejoindre la rive du lac, puis la longer une bonne heure avant de s'arrêter pour prendre un repas dans un hameau perdu, au pied du sommet enneigé (Nojin Gangshang) que l'on peut apercevoir sur la photo ci-dessus. Une fois la pause déjeuner terminée, nous nous élevons à nouveau pour atteindre le glacier à 5100 m qui descend de cette montagne (7191 m).

Le bleu du ciel est absolument magnifique. Les paysages sont très différents de la veille, le long du Brahmapoutre, et nous sentons que nous nous rapprochons du toit du monde, petit à petit...

En redescendant dans la vallée, des paysages tout aussi splendides nous attendent le long de la route et méritent amplement des arrêts photos!

Un peu plus loin, nous longeons les rives absolument magnifiques du lac Simi La.

Un peu fatigués mais enchantés par notre voyage, nous arrivons à Gyantse pour nous reposer un petite heure dans un hôtel sommaire, mais propre et chauffé (l'essentiel à 4000 m!). Après cette petite pause, nous voilà reparti à la visite d'un monastère et plus particulièrement le grand stupa du Kumbum, le plus ancien et le plus connu du Tibet.

Jeudi 12 Novembre 2009 :

Première journée où le ciel est couvert (et la seule de note voyage!). Départ pour Shigatse (Rìkāzé日喀则) où nous allons visiter le monastère de Tashilhunpo, siège du Panchen Lama, la deuxième plus haute autorité spirituelle au Tibet après le Dalaï Lama. En cours de route, nous visiterons un moulin à farine.

Après la visite du monastère, nous déambulons dans le marché juxtaposant l'enceinte du temple, Channary cherchant, sans succès, à acheter des moulins à prières.

Que sont ces fameux moulins à prières?

Le moulin à prières traditionnel est constitué d'un cylindre rempli de mantras et pouvant tourner librement autour d'un axe. Selon les croyances, actionner un tel moulin possède la même valeur spirituelle que de réciter la prière du mantra, la prière étant censée se répandre ainsi dans les airs comme si elle était prononcée. Le moulin doit être tourné dans le sens des aiguilles d'une montre, afin que le mantra soit lu dans le sens où il a été écrit.

Le moulin à prières apparaît clairement comme une commodité puisque le mantra est théoriquement basé sur le pouvoir du son. C'est par la vibration du son et par sa résonance que le son transforme son environnement, ainsi que les personnes qui le récitent. Comme le mantra est répété de nombreuses fois afin de produire un effet, il introduit donc la notion de cycle et de répétition. Par ailleurs, la justesse de la prononciation du mantra peut également être considérée comme importante : on l'appelle le Naad. Le mantra est donc un son qui produit un effet bénéfique.

Il existe 2 grands types de moulins à prières :

  • Les moulins disposés en longues séries, mis en mouvement l'un après l'autre par la main droite du fidèle qui passe devant eux.
  • Les moulins portés en main droite par les pèlerins.

Après le déjeuner pris à Shigatse, nous reprenons la route pour nous rapprocher de l'Everest. Demain est le grand jour! Si plusieurs centaines de KM nous attendent, nous ne pourrons néanmoins pas nous empêcher de nous arrêter plusieurs fois pour profiter des paysages majestueux qui s'offrent à nous. Nous sommes bel et bien sur l'alti-plateau du Tibet avec une altitude moyenne de 4000m. D'immenses plaines arides (la neige est ici finalement assez rare) viennent mourir à l'horizon sur les chaînes himalayennes. Nous empruntons la route qui mène au Népal (d'après notre guide, la plus haute du monde) et autre surprise, nous sommes quasiment les seuls. Très peu de camions et finalement beaucoup de carrioles tirées par des ânes ou des chevaux...et des pèlerins qui font la route dans l'autre sens, en se prosternant tous les 3 pas, pour se rendre à Lhasa.

Au point kilométrique 5000, nous arrêtons pour immortaliser le fait que nous sommes à 5000 km de Shànghǎi par la route.

Puis, nous allons passer un premier col à 5200m. Marie et Channary ne sont pas en grande forme à ces altitudes...

Redescente sur l'alti-plateau avant d'entamer une vallée très étroite, battue par les vents, au dénivelé très raide et qui va nous conduire à l'entrée au parc national de l'Everest... Nous y croiserons 2 étrangers à vélo à qui je tire mon chapeau. Col de Gyatso à 5248m, mi-novembre, sans assistance, une sacrée performance!

Arrivés dans un hameau situé à 4300m, nous emménageons dans notre hôtel avant la tombée du jour. Ici, pas d'électricité. Seul un groupe électrogène fonctionne pendant moins de 2 heures. Donc, pas de chauffage pour cette nuit. Et pas de toilettes non plus, car les canalisations sont purgées et la citerne de collecte des eaux de pluie déjà gelée. Les propriétaires des lieux nous amèneront donc de grandes bassines d'eau qu'ils sont allés remplir dans le ruisseau qui jouxte les bâtiments. Autant vous dire que la température de l'eau motive pour supporter sa crasse...

Notre guide nous fait une démonstration de la bouteille d'oxygène au cas où nous en aurions besoin durant la nuit. Pauline, choquée, nous fera une crise d'essoufflement dans la nuit, qui ne durera fort heureusement qu'environ 3 minutes. Nous n'aurons donc pas recours à l'oxygène...!

Nous partons dîner dans une petite auberge typiquement tibétaine, composée d'un foyer central autour duquel tables, chaises et bancs recouverts de douillets tissus et autres coussins attendent les visiteurs de passage tout comme les habitués. La douce chaleur réconforte tout le monde, même si Marie et Channary continuent à souffrir de l'altitude. La fumée du poêle se mêlée à l'odeur ambiante du beurre de yack... Ce soir, nous sentons aussi fort que n'importe quel nomade tibétain. Si nous avions à prendre l'avion, pas sûr qu'on nous laisserait embarquer...!!

Demain, c'est le grand jour. Nous partons pour le camp de base de l'Everest...

Vendredi 13 Novembre 2009 :

Réveillés à 5h00, nous partons sans petit-déjeuner pour assister au lever de soleil sur l'Everest depuis le col de Pangla. Nous empruntons la route pour le Népal pendant environ 30mn, avant d'attaquer la piste. 2 postes de contrôle militaire plus loin (nous les réveillons!), nous arrivons au col de Pangla. Il fait encore nuit, le vent souffle, il fait froid (nous sommes à 5100 m), mais rien ne m'arrêtera. Je sors le matériel photo, le pied, cherche les meilleurs angles de vue et commence à shooter. L'Everest est là, sans nuage (ce qui ne sera plus le cas au camp de base), j'en profite et j'oublie le froid pendant près d'une heure, jusqu'au lever du soleil. Le paysage est absolument grandiose et j'ai l'Everest sous mes yeux. Jamais, je n'avais osé rêver le voir un jour...!!

Complètement transi, je rejoins le 4x4 que seuls le guide et moi auront quitté pour affronter le froid. Il m'explique qu'il a mené plusieurs fois des clients à l'Everest, mais qu'aucun n'a réussi l'ascension finale. Son point le plus haut est le camp III à 7010m. Pas mal, tout de même!

Nous redescendons dans la vallée pour rejoindre le village de Pedruk (Phadruk) où nous mangeons des crêpes (les filles sont ravies et c'est un bon moyen pour oublier le mal des montagnes!).

Après un nouveau point de contrôle militaire et une bonne heure supplémentaire de piste caillouteuse, nous atteignons le camp de base de l'Everest (5200m). Nous sommes au plus près de l'Everest, au pied du glacier Rongbuk qui porte le nom du monastère le plus haut du monde que nous visiterons également. Le vent y est encore plus fort. A nouveau, le paysage est extraordinaire!

Je ne me lasse pas du paysage. Mais Marie et Channary souffrant vraiment de l'altitude, il nous faut redescendre dans la vallée, où nous nous arrêterons plusieurs fois pour récupérer entre 2 séances de piste inconfortables! Nous allons même crever. Heureusement, l'honneur est sauf, ce ne sont pas des Michelin!

Nous allons dormir à Shigatse, complètement fourbus mais comblés par notre journée et notre voyage au Tibet. Demain, c'est le retour pour Lhasa.

Samedi 14 Novembre 2009 :

Nous allons nous arrêter dans une famille tibétaine, ce qui est strictement interdit pour les étrangers. Notre guide, au hasard des rencontres dans un village (lui aussi choisi au hasard), pousse les portes des maisons et demande si les gens acceptent de nous laisser entrer. La deuxième fois est la bonne!

Un peu plus loin, nous empruntons les gorges du Brahmapoutre et nous arrêtons pour visiter une fabrique d'encens.

Nous arrivons bientôt à Lhasa. Demain, une journée de trajet en avion nous attend pour rejoindre la maison...