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La Grande Muraille de Chine, Chángchéng 长城 
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Fermez les yeux et imaginez que vous allez visiter très prochaînement la Grande Muraille de Chine... Il est des monuments mythiques qui méritent à eux seuls un voyage de plusieurs milliers de kilomètres. La Grande Muraille en fait clairement partie!!

  • La Grande Muraille en quelques chiffres (impressionnants!) :

La Grande Muraille est un ensemble de fortifications militaires construites, détruites et reconstruites en plusieurs fois et plusieurs endroits entre le Ve siècle av. J.-C. et le XVIe siècle pour marquer et défendre la frontière nord de la Chine.

La longueur de la muraille varie selon les sources. Selon un rapport de 1990, la longueur totale des murs serait de 6 700 km. En raison de sa longueur, la Grande Muraille est surnommée en chinois « La longue muraille de dix mille li » (萬里長城, wàn lǐ chángchéng), le li étant une unité de longueur et dix mille symbolisant l’infini en chinois. Ce surnom peut cependant être pris dans son sens littéral par approximation, 6 700 km faisant 13 400 li.

En moyenne, la Grande Muraille mesure 6 à 7 m de hauteur, et 4 à 5 m de largeur. La Grande Muraille est la structure architecturale la plus grande construite par l’homme en termes de longueur, surface et masse.

Depuis 1987, elle est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Traditionnellement, on divise l'histoire de la construction de la Grande Muraille en deux parties :

  • L'une précédant l'unification de la dynastie Qín (221 av. J.-C.) lors de la période des Printemps et des Automnes et la période des Royaumes Combattants, où les divers états et royaumes qui divisaient la Chine érigent des murs de terre à leurs frontières.
  • L'une commençant lors de l'unification de la dynastie Qín, où l'empereur Shi Huangdi débute la construction d'un grand mur de «dix mille lieues de long» à la frontière nord.

  • Période antérieure à la dynastie Qín :

Les peuples chinois construisirent des murs depuis leurs plus anciennes dynasties. Ainsi, par exemple, le mur des èrlǐgāng (en français Erliguan -âge de bronze-), construit près de la ville actuelle de Zhèngzhōu au début de la dynastie Shang (XVIIIe au XIIe siècle av. J.-C.) fait près de 7 km de circonférence et est toujours de nos jours à certains endroits plus de 9 m de haut.

Au VIIIe siècle av. J.-C., début de la période dite des Printemps et des Automnes, la Chine suit un système féodal : le territoire est divisé en une centaine de fiefs ou états dirigés par des princes, en théorie tous réunis sous l'égide des rois de la dynastie des Zhōu. La plus vieille référence littéraire porte sur un mur construit en 656 av. J.-C. par l'état de Qí. Cependant au cours du temps, ces états s'annexent les uns les autres pour former des grandes principautés et au VIe siècle av. J.-C. certaines principautés au sud font sécession, comme le Chǔ ou le Wú. La Chine est alors vite morcelée en plusieurs royaumes indépendants se faisant la guerre et ne reconnaissant à la dynastie régnante guère plus qu'un pouvoir symbolique : c'est le début de la période des Royaumes combattants.

Vers cette époque, divers états entreprennent alors la construction de murailles pour se protéger de leurs voisins, ou des tribus non-chinoises. Ainsi, vers le Ve siècle av. J.-C., l'état de Qí commence la construction d'un mur dont des parties tiennent encore aujourd'hui debout. Au milieu du IVe siècle av. J.-C., l'état de Wèi entreprend à son tour la construction d'un mur sur sa frontière ouest à côté de celui du Qí, puis un deuxième mur sur sa frontière est. Il fut imité par les états de Yàn et Zhào.

Communément, la technique utilisée pour dresser ces murailles était celle de la terre tassée : entre deux planches, des couches de terre de quelques centimètres sont tassées les unes au dessus des autres. Les planches sont alors retirées, laissant un mur de terre. Cette méthode permettait de dresser rapidement des murs solides pouvant résister aisément plusieurs siècles.

  • Sous la dynastie Qín :

En 221 av. J.-C., le seigneur de guerre Shǐ Huángdì achève l'unification de la Chine et fonde la dynastie Qín. Il entreprend alors de massives réformes. Suite aux attaques des tribus Xiōngnú (les Huns), au nord, il envoie le général Mēng Tián (général et architecte militaire à qui on attribue également l'invention du pinceau à calligraphie) pour que celui-ci repousse les Xiōngnú, puis entreprenne la construction d'une grande muraille au delà du Fleuve Jaune pour protéger plus efficacement les territoires nouvellement conquis.

Cependant, les détails de la construction de ce mur sont très mal connus et les avis des historiens diffèrent quant à ce qui a vraiment été accompli par Shǐ Huángdì et Mēng Tián. Il est couramment admis que Mēng Tián n'est pas parti de rien pour entreprendre la construction de la muraille et a probablement connecté et restauré des portions des murs des anciens Royaumes Combattants.

Cependant malgré les débats entre historiens et l'absence de récits historiques, la Grande Muraille construite par la dynastie Qín reste dans l'imaginaire populaire chinois une œuvre colossale, fruit du travail forcé de milliers de bagnards, soldats, ouvriers et paysans, vision notamment renforcée par l'empereur Shǐ Huángdì qui est resté dépeint comme un monarque cruel. C'est de cette époque que date le surnom de « mur de dix mille li » (soit 5 760 km étant donné la valeur du li à l'époque de la dynastie Qín). C'est également depuis cette époque que l'on parle véritablement de « Grande Muraille ».

  • Sous la dynastie Hàn :

En 210 av. J.-C., l'empereur Shǐ Huángdì meurt et la dynastie Qin qu'il avait fondée ne lui survit que quelques années.

En 202 av. J.-C., Liú Bāng, un ancien soldat aux origines paysannes se rend maître de la Chine et se proclame empereur sous le nom de temple de Gāozǔ. Affaibli par sa guerre de succession, Gāozǔ abandonne l'entretien de la Grande Muraille des Qín, et lorsque les Xiōngnú, désormais unis en confédération, se montrent menaçants et franchissent la frontière, plutôt que d'adopter une position offensive par l'utilisation de murailles comme l'avait fait Shǐ Huángdì, Gāozǔ tente d'acheter la paix par des tributs et des « unions harmonieuses », c'est-à-dire l'offre de princesses chinoises aux Xiōngnú.

Pendant quelques décennies, ses successeurs feront de même.

C'est principalement sous le règne de l'empereur Wǔdì (l'empereur le plus influent de la dynastie Hàn) que la construction de la Grande Muraille prend un essor considérable.

En 134 av. J.-C. le statu quo entre les Chinois et les Xiōngnú est rompu. Contrairement à ses ancêtres, Wǔdì décide de prendre une attitude franchement offensive contre les Xiōngnú et lance en 129 av. J.-C. une première expédition, suivie par de nombreuses autres. Wǔdì fait restaurer et connecter des portions de la muraille de la dynastie Qin et puis l'étend au fur à mesure de ses campagnes à travers ce qui deviendra la route de la soie. En 119 av. J.-C., les Xiōngnú sont repoussés à travers le désert de Gobi en Mongolie intérieure, et une nouvelle section de la muraille, longue de près de 400 km y est construite et s'y dresse encore de nos jours. Comme pour la muraille de la dynastie Qin, la matière première dépend alors des disponibilités des terrains tandis que le tracé et l'emplacement des tours de guets, garnisons et passages sont choisies en fonction des avantages stratégiques naturels offerts par la configuration des régions.

La section construite dans le désert de Gobi est notamment remarquable pour l'utilisation des cailloux présents dans les sables locaux : en tamisant le sable, les ouvriers obtiennent du gravier. Les murs sont alors bâtis en alternant les couches tassées de gravier et de roseau, puis étaient recouverts d'argile afin d'être à la fois protégés de l'érosion et difficiles à escalader.

Des forts sont construits à côté des murailles, voire directement intégrés aux murs et un système de signaux de fumées permet de prévenir d'une attaque Xiōngnú. Afin de garantir la rapidité de l'arrivée des renforts, l'armée fait principalement usage de cavalerie légère. La Grande Muraille traverse également les importantes routes commerciales, permettant le contrôle des imports.

Sur environ vingt ans, Wǔdì aura prolongé la Grande Muraille sur près de mille kilomètres. Vers 90 av. J.-C., les offensives Xiōngnú se font de plus en plus rares et durant environ un siècle et demi la construction de la muraille se voit ralentie.

À la fin de la dynastie Hàn, la Chine est divisée en Trois Royaumes séparés par des frontières et se faisant continuellement la guerre, rendant la construction et l'entretien de grandes murailles peu pertinents. Ce n'est pas avant la fin de la dynastie Wei du Nord, vers le VIe siècle qu'apparaît le projet de construire une nouvelle Grande Muraille, cependant ce projet ne sera jamais mis à exécution.

  • Sous la dynastie Míng :

Les Míng entreprirent la restauration de la Grande Muraille comme symbole de l'unité de la Chine. Pendant 170 ans, le rempart fut recouvert de pierres taillées. On estime à un million les effectifs qui le gardaient.

  • Sous la dysnastie Qīng :

Sous les Qīng, la Grande Muraille perdit définitivement sa fonction de bouclier.

  • La Muraille des mythes devenue un emblême de fièreté nationale :

Contrairement aux idées reçues, la Grande Muraille n'a jamais été une ligne de défense continue et parfaitement étanche. Le fait même qu'elle soit visible à l'oeil nu depuis l'espace fait également débat. Pour la plupart, c'est une pure invention. Par contre, le très officiel China Daily, journal Chinois en anglais, affirme que l’astronaute Leroy Chiao, lors de son séjour de six mois dans la station spatiale internationale, a pu la voir...

La Grande Muraille est en tout cas clairement devenue une icône de la grandeur nationale pour le gouvernement chinois.

Nous avons visité le site appelé jīn shān lǐng, au nord-est de Běijing.